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Gilbert Bécaud - Le turbulent baladin (3 CD)
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Gilbert Bécaud - Le turbulent baladin (3 CD)
[986949]
13,50€

Le turbulent baladin : coffret 3 CD



Ce coffret contient :

CD 1 – Gilbert Bécaud 1953 - 1957
 
L’Olympia 1955 (plage 1 à 11)
Gilbert Bécaud est accompagné par Raymond Bernard et son ensemble
 
1 Présentation   0’ 13
2 Un nouveau printemps tout neuf    1’ 55  
3 Passe ton chemin    2’ 46  
4 C’était mon copain   3’ 22
5 Ça   2’ 07
6 Les enfants oubliés   4’ 06
7 Laissez faire, laissez dire   2’ 33  
8 Pauvre pêcheur   3’ 35
9 Viens   2’ 13
10 Je veux te dire adieu   3’ 43  
11 Quand tu danses    2’ 05
12 La ballade des baladins   3’ 15
13 Le marchand de ballons   2’ 22
14 Mes mains    2’ 10
15 La Corrida   4’ 11
16 Je t’appartiens   2’ 49
17 Le Pianiste de Varsovie   3’ 50
18 Le Pays d’où je viens  2’ 32
19 Salut les copains   2’ 33
20 Mon ami m’a trahi   3’ 05
21 Ça claque   2’ 17
22 Les Croix   3’ 11
23 Si, si, si la vie est belle   1’ 39
 

CD 2 – Gilbert Bécaud 1958 – 1962
 
1 Viens danser   2’ 24
2 C’est merveilleux l’amour   2’ 10
3 Le Mur   2’ 57
4 Il fait des bonds… le Pierrot qui danse   2’ 11
5 L’Absent    3’ 24
6 L’Enterrement de Cornélius   3’ 59
7 Et Maintenant   3’ 38
8 Tête de bois   3’ 15
9 Sacré fille   2’ 53   
10 C’était moi   2’ 40
11 Les Marchés de Provence   3’ 52
12 La Ville   5’ 45
13 Galilée   2’ 37   
14 Le jour où la pluie viendra   2’ 35
15 Pour qui veille l’étoile   1’ 54
16 Le Condamné   2’ 05
17 Marie, Marie   2’ 53
18 Je m’balance   2’ 22    
19 La Grosse noce    3’ 26
20 Natashquan   2’ 59
21 Le Rideau rouge   3’ 21 
 

CD 3 – Les Interprètes de Gilbert Bécaud
 
1 Alors raconte (par Les COMPAGNONS DE LA CHANSON avec Gilbert BECAUD)   4’ 06
2 Je t’ai dans la peau (par Edith PIAF)   2’ 46
3 Je suis folle (par Marie REMUSAT)   3’ 14
4 Embrasse moi… oh mon amour (par Dany DAUBERSON)  2’ 49
5 Mé qué, mé qué… (par Dario MORENO)    2’ 48
6 Le Bateau blanc (par Les TROIS MENESTRELS)   2’ 23
7 Pilou… Pilou… Hé (par Les DJINNS avec Gilbert BECAUD)   2’ 27
8 Cartes postales (par Yves MONTAND)   2’ 52 
9 La Fraicheur de la mer (par Maria REMUSAT)   2’ 54
10 Elle a dit (par Edith PIAF)   3’ 52
11 Couventine (par André CLAVEAU)   2’ 52
12 Quand tu n’es pas là (par Les TROIS MENESTRELS)   2’ 25
13 Ça gueule ça Madame (du film Boum sur Paris) (par Jacques PILLS avec Edith PIAF)   3’ 26
14 Croquemitoufle (par Les DJINNS)   3’ 02
15 Les Tambours et l’amour (par Guylaine GUY)   1’ 42
16 Légende (par Edith PIAF)   3’ 33
17 Je te promets (par Les DJINNS)   3’ 04
18 Si je pouvais revivre un jour ma vie (du film Une balle dans le canon) (par Dany DAUBERSON)   2’ 23
19 Terre nouvelle (par Charles AZNAVOUR)   3’ 04
20 Miserere (par Les DJINNS)   2’ 47



Il y eut, au cours des années 40 l’avènement de Charles Trenet, il y aura, dans les années 60, la vague des « yéyés ». Entre les deux, durant les années 50, s’impose le phénoménal Gilbert Bécaud. Phénoménal, impétueux, prolifique, exubérant, excessif… tous ces qualificatifs s’imposent à son sujet.
 
Avec plus de 350 chansons enregistrées, avec 33 passages à l’Olympia d’une durée moyenne de 3 semaines, avec plusieurs comédies musicales et musiques de films, avec une cantate et un opéra, Gilbert Bécaud devient, en moins de 10 années — du premier Olympia de 1954 au succès planétaire de Et maintenant en 1962 — un artiste de stature internationale dont les tournées le mènent dans tous les pays et dont les chansons sont adaptées dans toutes les langues.
 
1954. Pour la première fois, avec Gilbert Bécaud, des textes et des musiques sont en prise directe avec la jeunesse  — une frange de la population ignorée jusqu’alors — au point que les émissions de radios et les magazines ciblant ce public émergeant des teenagers empruntent leurs titres à ses chansons (Salut les copains, Âge tendre et tête de bois). À cette génération issue du Second conflit mondial, il faut s’adresser, en dépit de son jeune âge, comme à un adulte. L’émancipation féminine est en marche, la société de consommation impose ses diktats, le monde rural est encore synonyme de prospérité et de biens à partager (Le jour où la pluie viendra, Galilée), encore épargné par l’extension incontrôlée de l’urbain. Pas question de porter sur scène et sur disque ces préoccupations nouvelles en chantant « à la papa ». Bécaud s’entoure de musiciens venus du jazz — une petite formation (guitare, batterie, contrebasse) semblable à celle dont use Elvis Presley dans That’s all right mama en 1954 ou Bill Haley dans Rock around the clock en 1955. Mais il y a plus, Bécaud  malmène sa voix au point qu’un Eugène Ionesco écrit qu’« il chante comme une guenon qui s’est pris la queue dans la porte de sa cage »  ou que sa voix vient  « de très bas, du ventre ou du gros intestin ». Il malmène aussi son piano qu’il utilise tel un instrument percussif ou certaines chansons qu’il accompagne, sur scène, par des suites de clusters aussi efficaces que dérangeants. De l’autre côté de l’Atlantique, un traitement  analogue est infligé au piano par Jerry Lee Lewis en 56. Ainsi, Gilbert Bécaud, ce jeune homme souriant et sympathique sur les pochettes de disques libère t-il en public une énergie transgressive et contagieuse qui déclenchera les scandales de ses débuts et que revendiqueront les rockeurs de la décennie suivante.
 
1962. Nullement déstabilisé par la déferlante Yéyé, Gilbert Bécaud triomphe de tous côtés : avec sa chanson Et maintenant et avec la création de son Opéra d’Aran qui lui permet de rejoindre le cénacle fermé des compositeurs d’œuvres lyriques. On aurait aimé que Bécaud, riche des enseignements de cette première œuvre d’envergure, aborde à nouveau ce genre d’exception.    
 
Mais l’artiste à l’enthousiasme débridé, l’annonciateur  de printemps tout neuf, le fantaisiste marchand de ballons laisse apparaître des cicatrices douloureuses : la mort (L’Absent) ; l’amour et l’amitié mis à mal (Mon ami m’a trahi) ; un profond sentiment de solitude à laquelle il opposera, quelques années plus tard, son bravache La Solitude ça n’existe pas ; une confiance en Dieu (Je t’appartiens) qui ne le protège pas d’une difficulté à vivre (Les Croix) et de pulsions dangereuses (Mes Mains) au point que l’innocence, la prison, la liberté sont des thèmes récurrents.
 
Dispensateur  d’un optimisme communicatif mais secrètement angoissé, drainant les foules mais irrémédiablement seul, en quête de pureté mais succombant aux tentations, Bécaud se balancerait-il « entre l’ombre et la lumière », entre Janus et Gilbert ? Olympia Rouge, Olympia Bleu !
 
Bernard Ascal


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